lx Particularitez de la Vie
porté les armes, parlât avec tant d’agrémentde la guerre. Ses Traductions les plus esti.mées ce font Tacite , César & Lucien. Celle-ciest fi belle, que la copie égale l’original.
D’Ablancourt avoit le génie vif, l’imagina-tion féconde, & Teíprit pénétrant, & rem-pli de toutes les belles connoiífances. Lesamis qu’il consulta davantage, ce furent Cou-rait & Patru. D’Ablancourt étoit presquede la riche taille. II avoit le visage plein, &le front large, & élevé, les yeux gris, maisvifs. Ses cheveux étoient châtains ; mais à favieillesse ils fe trouvèrent mêlez.
D’Ablancourt ne travailloit de fuite que deuxheures. Après, il fe relâchoit; puis, il re-tournoi t à son travail. Jamais homme ne dan-sa mieux en grotesque. 11 avoit l’oreiíle bon-ne & juste; il savoit à fond le Grec & leLatin. 11 avoit le jugement bon. II étoit en-joué; ce n’étoit que vivacité, & tout celaavec un tour qui charmoit. 11 étoit naturel-lement prompt, sincère, généreux, indulgent,sobre, modeste, sans avarice, fans envie, &fans venin. Personne ne le vit auffi jamais,qu’il ne l’aimât. (11 mourut le 17. de Novem-bre de l’année 1664.) Voici son Epitaphe parl’excellent des Reaux ; & elle est du moinsauffi vraye qu’agréable.
L’Mushre d'Ahlancourt repose en ce Tombeau ;
Son génie à son Siècle a servi de flambeau.
Tansses fameux Ecrits toute la France admire
Tes Grecs fs des Romains les précieux trésors.
A son trépas on ne peut dire ,
Qui perd le p lits des vivans , ou des morts.
ARnaud d’Andilly, étoit Seigneuru d 'Andilly & d’une famille noble & illustre.Son Pérc qui-parut avec éclat dans la Robe,
eut