iio Lettres Pa s s ionne'es.
vous m’êtes cruel ! Vous ne m’écrivez point,je n’ai pû m’empêcher de vous dire encorecela. Je vais recommencer, & l’Officierpartira. Qu’importe? qu’il parte. J’écris pluspour moi que pour vous. Je ne cherche qu’à■me soulager, aussi-bien une si longue Lettrevous fera peur. Vous ne la lirez point. Qu’est-ce que j’ai fait pour être si malheureuse ? Etpourquoi avez vous empoisonné ma vie ? Quene suis-je née dans un autre Pais. Adieu,pardonnez-moi. Je n’ose plus vous prier dem’aimer. Voyez où mon destin m’a réduite.Adieu.
A MONSIEUR
Le C. de C * * *
J E vous écris pour la dernière fois ; & j’etpère vous faire connoître que vous m’avezpersuadée que vous ne m’aimiez plus, & queje ne vous dois plus aimer. Je vous renvoyé-rai, par la première Commodité, ce qui mereste de vous. Ne craignez point que je vous• écrive. Je ne mettrai pas même votre nomfur le paquet. J’ai chargé de tout cela Emi-lie. Ses foins ne me seront pas si suspectsque les miens. Elle prendra les précautionsnécessaires pour m’assurer que vous avez reçule Portrait, & les Bracelets que vous m’avezdonnez. Cependant, je veux que vous sa-chiez que, malgré toutes les faiblesses que jevous ai fait voir, je me sens en état de brù-ler ces chers gages de votre amour; & queje fuis ravie de vous donner au moins quel-que dépit. Mais je me fuis apperçúë, à mahonte, que j’étois plus attachée à cçs baga-