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vous nomme un des plus grands ornemens duBarreau & de P Académie ; & quoi que la jeu-neufle ne soit pas trop un âge à Oracle , ilvous compte entre les Oracles de la Langue,lorsque vous n’étiez que dans la fleur de vosannées. Après cela, je ne m’étonne point,AI onsieur, que la plupart des Auteurs les pluspolis (a) jugent leurs Ouvrages'indignes dujour jusqu’à ce que vous les ayez vus. Carvous avez le sens le plus droit, & le goût leplus sûr, qui fut jamais; quand on est assezheureux pour vous plaire, on peut n’être pasmalccntent de foi, & l’on est presque assuréde contenter les personnes raisonnables. Mais,Monsieur, ce quej’admire davantage en vouse’est le bon ami, & l’honnête homme; cecœur li bien fait, & si généreux ; cette hu-meur si agréable , & si egale jusques dans lamauvaise fortune ; ces principes de probité &d’honneur, que vous avez reqûs du Ciel ennaissant, me charment encore plus que votrelavoir & votre éloquence. Toutes ces bellesqualitez vous attirèrent autrefois l’amitié du
grand
(a) Les Auteurs qui entr’autres ont consultéMonsieur Patru , sont Perrot d’Ablancourt, GillesBoileau& Despreaux son Frère, Fremont d’Ablan-court ; Mr. Maucroix , le P. Bouhours, & Riche-let- Mr. Patrudans quelques Ouvrages qu’on ver-ra peut-être un jour, avoue ce dernier pour sonElevs. Cependant ni à cause de cela, ni d’autrechose , Richeîet n’est pas assez vain pour se mettreau rang des Auteurs polis de qui parle le P. Bou-hours , & l’on ne Fait ici mention de Richeîet qu’a-fin de faire savoir â tous ceux qu’ìl appartiendra,qn'un excellent esprit lui a sait í’honneur de l’ai-mcr, & de vouloir qu’íl partageât les grâces qu’U,faiíóit à des personnes d’un mérite connu.