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Tome premier.
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1 66 Epîtres

donné à Monsieur l’Auteur pour s’habiller com-me les autres hommes. 11s font sagement, cesAuteurs de ne paroitre point en public dela maniéré qu’on les voit au commencementde leurs Livres. N’est-il pas vrai, Guillemet-te , que vous aboyerez bien fort, si vous envoyez un , l’épaule nue, un manteau de Bo-hémien attaché fur l’autre, & une couronnede Laurier fur le front? Ce n’estpourtant pointla crainte de Chiens, ni la huée des Enfansqui les empêchent de se mettre en masque;ils n’ont peur que des Suisses. Ils seroienten effet trop reconnoissables aux Portiers, quin’aiment pas les gens qui font, comme Mes-sieurs les Auteurs, métier de demander en cetems où l’on diroit que les beaux Espritsont fait serment de n’entrer en aucune mai-son , qui n’ait l’honneur de s’appeller Hôtel.On ne voit autre chose dans les Hôtels desGrands. L’Hôtel de Bourgogne en regorgejusques fur le Théâtre, parce qu’ils ne payentrien non plus que les Pages ; mais ô malheurdu Siécle ! Je crains qu’on n’en trouve à l’Hô-tel-Dieu dequoi faire une Académie complette.Le tems ne leur est plus favorable. J'ai vûqu’il n’y avoit pas un Poète, qui ne tirâtmille belles conséquences pour fa fortunede celle des Abbez. ( a ) Desportes, &

de

(«) Philippe Desportes étoit de Chartres en Beau-ce , d’une Famille pauvre, mais honnête. II vintà Paris où il s’attacha à un Evêque , avec qui il allaà Rome, & il y apprit parfaitement í’Italien. A sonretour, il se mit à faire des vers, & passa pourhel Esprit. Un Seigneur de la Cour le prit chez lui :& quand le Duc d’Anjou partit pour la Pologne,Desportes l’accompagua & en revint à fa fuite.Ce Prince qu’on appella alors Henri 111. à cause

qu’il