De’DICATOIRES. I§s
la parer (a), il ne regarde plus celui qui lalui a portée, que comme le ravisseur de loirbien. Un Auteur a beau présenter l'on Livreen souriant, celui qui le reçoit, n’en devientque plus sérieux, & l’on en a vû devenir pluspâles que des morts , à la vûë d’un Ouvragequi ne leur promettoit pas moins que de lesfaire vivre éternellement. Us ont grand tort,ces médians Dcdieurs de Livres , d’aîler fairepeur à ces nobles Seigneurs jusques dansleurs chambres. 11s devroient considérer queces Dédicaces qui demandent à qui ne leurdoit rien, font quelque chose de plus rudequ’uti exploit : & je ne trouve pas étrangeque le Mécénas ne prenne point tant de plai-sir à se voir issu d’Hector (/>), ou de Sarpé-don (c), qu’il a de regret à l’argent qu’il a
dopné
(n) Cela est dit d’iuie maniéré figurée & plaisan-te : la figure est prise des Maîtres d’armes, &montre que souvent pour écrire en galant homme,on doit savoir les termes des beaux Arts. Les hon-nêtes gens qui voudront voir les mots 'dont on sesert pour faire un coup d’épée, n’ont qu’ìt les liredans le Livre de Monsieur de Licmcour. L’Ouvrageest curieux & celui qui l’a composé est habile dansfa Profession.
(b) Cela est dit avec esprit contre les Faiseurs deDédicaces , qui donnent sottement une naissanceavantageuse à des gens qui n’en ontqu’ime obscure.Hector étoit un Prince & un Capitaine célèbre. 11défendit Troye contre les Grecs, & tant qu’il fut envie, on ne put jamais la prendre. 11 fut tué d’uncoup de flèche par Achille.
(c) C’étoit un grand Roi & un grand Capitaine :il embrassa le parti des Troyens, & fut tué par Pa-trocle au Siège de Troye.
Sœims ubi JEacida telo jacet Hector , ubi ingens
Surpedon.
Voyez l’Eneïde de Virgile & l’iliade d’Homere.