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Tome premier.
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D E’D I C AT 0 I R E S. -171

gue votre faveur : nullement. Je ne vous aipoint d’obligation, & ne veux pas vous enavoir. Ce que je fais pour vous, est fansaucune vùë d’intérêt: & cette Epître fera d’au-tant plus estimée, (a) que je n’y mettraipoint de fentimens déguisez, ni corrompus.Je fuis las de voir des Auteurs encenser despersonnes , qui ne le méritent pas tant quevous : ils font leurrez par l’eípérance d’obte-nir des pensions, & ils n’obtiennent pas feu-lement les grâces qu’on ne peut leur refuseravec justice. Depuis que j’ai vú louer tantde Faquins, il m’a pris envie de vous louerauífi, & ce ne fera pas fans y être bien fon-dé. II y a une infinité de gens qu’on van-te hautement que l’on devroit mettre entrevos mains, afin de leur apprendre à vivre.Ils ne font pas leur métier comme vous fai-tes le vôtre. Car personne n’exécute si pon-ctuellement que vous , les ordres de la Justi-ce > dont vous étés le principal arc-boutant.Ce n’est pas que je veuille établir un para-doxe , ni imiter ceux qui ont loué Lustre &la Fiévre-quarte. On vous peut louer en con-science, puisque c’est vous qui montrez à beau-coup de monde le chemin du salut, & à quivous ouvrez la porte du Ciel ; témoin ceProverbe, De cent pendus il ny en a pas unde perdu. A l’égard de la noblesse de votreemploi, il y a quelque part en Asie , ou enAfrique un Roi qui tient à gloire de pendreìui-même ses Sujets, & qui est 11 persuadé,

que

Ça) Cette Epître est l’une des plus supportablespièces que Furetiere ais jamais faites: quoique ledessein n'en soit pas fort noble, elle contient plusieurstraits assez gaillards qu’il y a inférez, & fur lesquels jepourrois faire quelques Notes, sedparcojepultis.

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