placé au rang des demi - Dieux tant de Vo-leurs & de Coquins , on ne vous ait pasmis de leur nombre. Vous êtes leur grandcamarade , & je vous ai vû bien des foisleur donner de belles accolades. II estvrai que vous donniez aussi - tôt un tourde votre métier. Mais combien y a-t-ilde gens qui vous imitent , & qui lors-qu’ils baisent un homme , & qu’ils l’ern-brassent , le trahissent & le précipitent ?Mais combien y a - t - il de Juges , deChicaneurs , & de Maltotiers , qui su-cent jusques aux os un million de person-nes , & qui les écorchent toutes vives.
Enfin tout compté , & tout rabatu , vousméritez un Epître dédicatoirc aussi bienque plusieurs autres. Je craindrois pour-tant qu’on ne crût pas que c’en fût une, sije ne vous demandois quelque chose. Jevous supplie donc de ne pas refuser votreamitié aux pauvres Auteurs qui ont besoinde votre secours. L’injustice du Siécle estsi grande, qu’une quantité d’Illustres aban-donnez de leur Mécénas languissent defaim ; & ne pouvant supporter leur mépris,& la pauvreté , ils font réduits au dése-spoir. Or comme ils n’ont pas un couraged’Iscariot pour se pendre eux - mêmes, sivous en vouliez prendre la peine , vousles soulageriez de beaucoup de chagrin &de misérrs. J’aurois fini en cet endroit , sije ne m’étois souvenu, qu’il faloit ajouterune chose qui accompagne d’ordinaire lesH ; éloges,