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en vous de les empêcher , s’il vous est librede faire mal : mais vous n’avez que cette voie-là feule pour vous en sauver. Car je ne íàu-rois cacher mes joies non plus que celer mesdouleurs, & même je fouffrirois plutôt unepiqueure fans m’émouvoir que je ne fouffri-rois un chatouillement. Vous dites que je faistrop de profusions de mes éloges, c’eit quevous considérez ma pauvreté , & non pas vo-tre mérite. Ainsi pour peu qu’un homme quin’a guères de bien fe mette en dépense, onl’accuse d’être prodigue. Le discours que vousfaites ensuite de l’éloquence & de la politesse,est un des plus forts & des plus beaux cjueje vis jamais ; il est certain que I’Art achevé& ne produit pas. Mais il est encore plusvrai que la Nature produit & n’achéve pas.La Touraine & l’Anjou ne feroient que Lan-des , s’il n’y avoit des Laboureurs & des Vi-gnerons. Nous naissons avec les bonnes in-clinations , mais il nous faut acquérir les bon-nes habitudes. Je connois une personne quifait la théorie de la Musique parfaitement.J’en connois une autre qui a la voix belle,mais de tous les deux on n’en fauroit fairetin bon Chantre. Je fuis donc d’accord avecvous jufqu’ici : mais il faut que je vous diíèque je n’aî pas assez de complaisance pourconsentir à ce que vous ajoutez ; vous vousplaignez d’une maîtresse qui vous a permis tantde privautez depuis un an ou deux que vouslui rendez quelques foins. Sans mentir, vousêtes injuste, & je fuis trompé si ce n’est unequerelle que vous lui faites ; & si vous nevoulez vous échaper d’elle par une boutade,estimant fa conquête au-dessous de vos servi-ces : vous devriez pourtant vous souvenir quec’est une Reine, & qu’il y a eu souvent des
Louve-