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10 -
A MONSIEUR
C O L B E R T. U)
Ze Chevalier de Meré le félicite sur sa chargede Plénipotentiaire, r èf> de Maîtredes Requêtes.
MO N S I E U R,
Tandis que vous balancez les affaires de laplus grande importance, il íeroic très à pro-pos de ne vous point interrompre. Je m’ima-gine que les lettres, que vous recevez là-deífus de tous còtez, vous donnent moins deplaisir que d’embarras ; & que la place quevous allez prendre au Parlement, ne vous cau-se pas tant de joye, qu’aux personnes qui de-mandent justice. II vaudroit mieux, Mon-sieur , les féliciter fur cela, que de s’en réjouiravec vous. Je l’ai fait & je m’en acquite en-core par-tout avec chaleur. Mais les obliga-tions que je vous ai, & l’estime que je me senspour votre mérite, ne me permettent point dem’en tenir là; & je ne saurois m’empêcher dcvous dire, que parmi un si grand nombre d’hon-nétes gens, qui prennent part à vos intérêts, iln’y en a aucun qui soit plus touché que moi,qui fuis,
Monsieur,
Votre très-humble, &c.
(») C’est Charles Colbrrt , Chevalier, Marquis deCroiflì, Ministre & Sécrétasse d’Etat, & Présidentà Mortier au Parlement de Paris. Auparavant, ilétoit Maître des Requêtes , Ambassadeur Extraor-dinaire, & Plénipotentiaire pour la Paix de Nimé-gue. Le Chevalier de Meré l’en félicitoit alors;& l’on croit qu’il lui devoit donner du Monseigneur.La qualité de Plénipotentiaire & d'Ambassadeurmérite cela.
N - A MON-