A MONSIEUR **.
Cojìar le félicite far ce qiíil a quittéset amours.
T "'Approuve votre révolte, Monsieur, & jeJ me réjouis de la Victoire que vous dites,que vous avez remportée : néanmoins j’ai peur.Je connois les ruses de l’ennemi que vous pen-sez avoir déiait ; & il y a lieu de craindre, qu’ilne se soit conservé dans votre cœur quelqueintelligence. Gardez-vous, au Nom,de Dieu,d’une trahison. L’amour est cruel à ceux quise sont révoltez contre lui, & qu’il a de nou-veau vaincus. 11 met tout à feu & à sang, &ne donne point de quartier. Vous étés bienplus sage que moi, & j’ai tort de ne me pasreposer de fa défaite fur votre prudence. Mais,Monsieur, l’amidé est craintive ; & vous m’o-bligez à redoubler celle que j’ai pour vous.N’allez point, quand vous jouirez paisible-ment de la liberté, mépriser vos pauvres amis (n)q.ui n’ont pas le courage de rompre leurs chaî-nes. Ils profiteront de votre exemple. L’ef-time qu’ìls font de vous, & l’envie qu’ils ontde vous plaire, aideront à les tirer de leursfers. Cependant, ayez la bonté de compa-tir à leur foibleíTe, & vous comblerez de joie,
Monsieur,
Votre très-humble, &c.
(«) Coltar se désigne assez agréablement ; il cou-rait les mers d’amour, de rivage eu rivage : maisses courses étoient heureuses, parce qu’elles n’étoientque galantes, & qn’il les faisoit seulement pourgoûter les plus doux plaisirs de la vie.
Sol amxmío, lluoni sà chejìn diletto .
A UN