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Tome premier.
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DE FE'LICITATION. 29Z

A UN CHANCELIER

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DE FRANCE.

NSEIGNEUR,

Si l’on ne m’eút averti que j’étois obligé devous écrire fur votre élévation à la suprêmeDignité de la Justice, je n’aurois pas crù qu’ill’eût fallu faire, encore que j’aye autant dejoie que personne, du choix que le Roi afait en votre faveur. Je regardois ce choixcomme une des félicitez de son Régne, &comme une grâce qu’il faifoit à tout le mon-de. D’ailleurs, je ne croyois pas qu’il fût àpropos de me réjouir avec vous, de la peineque vous allez avoir de veiller & de travail-ler continuellement. Je penfois au contrairequ’il falloit prendre part au bonheur des Peu-ples qui fe reposeront sur votre vigilance.Toutefois , Monseigneur, puisque la coutumele veut, & qu’il vous vient des complimensdes endroits les plus éloignez du Royaume,je lerois indigne d’être au rang de vos très-humbles Serviteurs, si je ne me séparois dela foule pour vous témoigner ma joye, &que je ne vous fisse pas voir que dans la so-litude où je suis, il y a des acclamationspour vous, & de l’affection pour la Patrie.Mais , Monseigneur, vous me permettrez, s’ilvous plaît, de vous dire que ma joye est mê-lée de quelque vaine gloire. Je vous ai ac-compagné de la pensée & âes yeux jusquesdans la place que vous remplissez si dignement,& je m’imagine que je vous ai suivi où le ju-gement du Prince vous a porté. Ainsi je jouisdans votre promotion du fruit de mes conjec-N J tures;