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Siècle est grossier, & ne sait pas estimer cebel avantage que vous avez. On veut com-
Î irendre d’abord ce qu’on écoute & ce qu’onít. J’avoue qu’il y a de certaines façons d’é-crire & de parler, auxquelles on peut donnerplus d’un sens ; de certaines obscuritez qui nesont pas entièrement condamnables : mais lavôtre passe toutes bornes, & semble faire lafigue à sun des plus précieux dons de Dieu,qui nous a donné la parole pour faire enten-dre nos conceptions les uns aux autres. Cequi me fâche encore, c’est qu’avec tout celavous ne nous lisez pas un de vos Ouvragesqu’avec cette Préface : MeJJìnirs , voici ce quef ai mis au net ce matin. Comment, vraiDieu, vous appeliez cela mettre au net?Montrez-nous donc ce que ce peut être avantqu’il y soit; voyons de grâce quelles font lesexpressions & les pensées que vous rebutez.Puisque celles que vous retenez font telles,seroit-il possible qu’elles fussent pires? Pourmoi, je crois qu’ayant d’abord exprimé vo-tre pensée, comme font les autres, vous trou-vez cela trop commun & trop clair à votrefantaisie; & que pour vous satisfaire, vousvous traduisez vous-même en obscur. Voilàpour ce qui nous regarde. Mais pour vousj’aurois une grande curiosité de savoir si vousvous entendez vous-méme ; & au cas que vousme répondiez qu’oui, je vous conseilleraisd’aller trouver au plutôt les Ministres d’Etat,de leur découvrir votre secret, & j’oseroisvous assurer que votre nouveau chiffre nemanquerait pas de faire votre fortune. En-core si composant si mal vous aviez quelquegrâce à réciter ; mais bien loin de cela, endéclamant vos rapsodies , vous nous donnezune surcharge qui met à bout le reste de no-tre