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Tome premier.
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Satiriques. zzs

pille nos sentimens. II n’en use de la sorte,que parce qu’il nous estime. Ce qui me cho-que le plus, c’est qu’il attribue à son imagi-nation les bons offices que lui rend fa mémoi-re ; & qu’il se croit l’Auteur de mille pen-sées qu’il n’a prises que dans nos Ouvrages.C’est un véritable Echo ; il ne dit que ce queles autres ont dit : & néanmoins il est fi fou,que lors qu’il nous copie mot à mot, il ap-pelle cela composer. J’en ai pitié ; & je suissûr que vous en aurez pitié aussi.

A MONSIEUR**.

Le Nouvelliste ridicule.

TTOtre parent semble, Monsieur, un peu" trop politique, il ne parle jamais que duMinistère. II en rompt la tête à des gensqui ne s’en soucient point, & qui d’ordinai-re sont très-ignorans de cela, II leur en dittoutefois ses sentimens ; & s’il trouve une per-sonne qui ait été à Paris, & qui lâche com-me le Louvre est bâti, il ne la quitte point,qu’il ne lui ait dit cent choses dont il inven-te pour le moins la moitié. Comme il a l’eípritvif, & le raisonnement agréable, des nouvel-les qu’il fait, il tire des conséquences de cequi arrivera ; & fait fur le champ d’autresnouvelles qu’il donne pour vrayes. 11 a, par-mi cela , toujours Monsieur le Maréchal à labouche ; il le met dans toutes sortes d’assai-res, & rapporte tout à Monsieur le Maré-chal. A l’entendre, le Roi ne voit que parles yeux, & ne parle que par la bouche deMonsieur le Maréchal. C’est sans cesse Mon-sieur le Maréchal par-ci, & Monsieur le Ma-réchal