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Tome premier.
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DE C R I T I d U E. 381

le faire. La plupart de nos meilleurs Poètesont quitté la Lyre pour la Trompette. Ils n’in-voquent plus guères que Calliope ; afin depouvoir chanter d’un ton plus éclatant, leshauts faits d’armes des anciens Héros. Ainfi,la promesse que je vous fais, ne m’engagepresque à rien ; & à moins que vous ne medonniez quelque autre sujet d’entretien, jeferai réduit à vous paraphraser en mille diffé-rentes manières le très-humble, très - obéis-sant , & très - obligé serviteur.

Monsieur,

T ■’Histoire de Pline est un des plus beauxLivres du monde ; c’est pourquoi il a éténommé la Bibliothèque des Pauvres. Si l'onmet Aristote avec lui, c’est une Bibliothèquepresque complette. Si l’on y ajoute Plutar-que & Seneque , toute la famille des bons Li-vres y fera, père & mère, aîné & cadet. Mon-sieur de Saumaise obligeroit bien fort ceux deson métier s’il faiíoit imprimer son Dioscoride,avec son Commentaire iur chaque Chapitre,ou son Arnobe, ou tous les Volumes qu’il m’adit lui-même avoir tout prêts à mettre fous lapresse , de rébus sacris serfouis EccleJtaJU-cis. Et à propos des Ouvrages de ce grandHomme, j’ai cherché l’endroit où l’on m’avoitdit qu’il médisoît des Médecins. C’est dansses Observations au Droit Attique & Romain,où il les accuse d’être mercénaires. II a tort,ayant été souvent malade en cette Ville , &si bien assisté par ces Médecins, qu’il est en-core sur ses pieds. Lui-même m’a dit qu’ildevoir la vie a feu Monsieur Brayer & à Mon-sieur Alain, qui l’avoient tiré d’un très-mau-vais pas, où l’avoit jetté un certain Charla-tan,