Band 
Tome premier.
JPEG-Download
 

zgr Lettres

tan,, qui au lieu de le faire saigner, lui avoitdonné de f antimoine par deux fois, & quiplus est, ces Médecins le traitèrent, commeon dit que faifoient Saint Côme & Saint Da-mien, fans en vouloir recevoir de l’argent,dont fe sentant fort obligé à eux, il leur en-voya à chacun les Exercitations fur Solin. C’estpeut-être qu’il étoit mécontent des Médecinsde Hollande, à cause des trois Enfans qu’il y aperdus depuis un an de la petite vérole ; &pour dire la vérité, tous ces Médecins de Flan-dres & de Hollande font bien rudes & biengrossiers en leur Pratique. Je ne laisse pasde m’étonner comment ces façons de parlerfont échappées à un homme si sage, tel queMonsieur de Saumaife, & qui connoît tantd’habiles Médecins ici & ailleurs. II lui estpermis d’augmenter le nombre de ceux quiont médit de notre Profession , dont Pline estcomme le Chef ; mais il n’aura jamais de Thon-neur d’entrer en ce nombre avec Clenard &Agrippa. Pour Michel de Montagne > dont jefais grand cas, il a honoré les Médecins deson approbation en leurs personnes, & ne s’estattaqué qu’à leur métier : & néanmoins il s’esttrop hâté ; s'il eût eu 90. ou 100. ans avantque de médire de la Médecine, il eût pùavoir quelque couleur de raison : mais ayantété malade de bonne heure, & n’ayant vécuque soixante & dix ans, il faut avouer qu’ilen a trop tôt payé l’amende; Les sages Vo-yageurs ne fe moquent des chiens du Villa-ge, qu’après qu’ils en font éloignez & qu’ilsne peuvent plus en être mordus. Je laisse làNeuhusius & Barclay & les autres foux quiont cherché à paroìtre en médisant de la plusinnocente Profession qui soit au monde.

Je fuis, &c.