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Tome second.
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14 Lettres

qu’ils le désireraient, les secours, les conso.lations & les grâces qu’ils lui demandent.

Cela étant, Monsieur, ne pouvons-nouspas entendre le proverbe des Italiens en unsens approchant des explications que je viensde rapporter; & n’ont-ils pas raison d’établirce principe de Morale , que Jì la Religioncommande mx Sages de pardonner les injures;la prudence leur ordonne d? en conserver lapensée , non pas pour s’en venger , inais pours’en ìnjbruire U régler mieux leur conduite àP avenir. Par exemple, si quelqu’un m’a offensédans la dispute, dans le jeu, y aura-t-il lieude me blâmer, si au même tems que je tâched’être assez bon pour en étouffer les ressenti •mens, je me résous d’en garder le souvenir ,asin d’éviter de jouer ou de contester jamaisavec ce fâcheux qui prend feu si facilement,qui se possède si peu & qui s’emporte si loin.

Après que Sénéque nous a donné ce pré-cepte , de perdre la mémoire du bien que nousavons fait aux gens de mérite ; il ajoute quece n’est pas qu’il soit défendu au généreuxde s’entretenir soi-même de ses bonnes actions,& qu’il soit obligé de se faire violence pourchasser de son esprit une vertueuse pensée quilui apporte un contentement si pur & fi chas-te, car cela ne se doit entendre que Chinemémoire excessive reprochante , pour direainsi, de nimia fs exprobratrice memoria ,qui fait que le faux libéral publie en toutesrencontres les obligations qu’il s’est acquisesfur l'on ami. De ce principe indubitable, nepouvons-nous pas inférer, que tout ainsi quele bienfaisant se peut souvenir de ses bienfaitspour s’en réjouir en son cœur, & pour s’ex-citer à chercher toujours de nouveaux em-plois à son humeur officieuse : aussi le Chrétien,

dont

!