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Tome second.
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Montagne, le bonheur ne me trouble point lavue , au contraire , je vois plm clair en temsfer ain.

Je conclus tout ce discours par cette sageréflexion d’Aristote : Ceux qui se figurent quela béatitude & la bonne fortune ne sont qu’u-ne même chose , se trompent fort grossière-ment. Pour être heureux , on n’en est pasplus vertueux ; bien loin de cela, quelquefoisîa bonne fortune est un obstacle à la vertu,

& conséquemment à notre souverain bien , &alors on ne devroit pas l’appeller bonne for- |tune , puis qu’elle ne mérite ce nom, que lorsqu’elle aide à la vraye félicité.

Vous voyez, Monsieur, que comme cet ex.cellent Philosophe ne jugé pas que la prospé.rité soit toujours de grand service pour la sa- :gesse , il ne juge pas aussi qu’elle lui soit toû- ,jours contraire, & qu’une ame bien faite soit !obligée de s’en éloigner comme d’un écueil.

Et certes il y a de la faiblesse à ne pouvoirsouffrir les richesses, les honneurs & í’autori- 1té : les petits esprits s’enivrent de ces biens-ïà, & la tête leur en tourne : les sages fontsobres au milieu de l’abondance, ils ne cro-yent pas leurs apetits, & ne mangent pas plusen un festin qu’à leur ordinaire.

L’IIistoire moderne nous fait voir un Ferdi-nand , que les Conquêtes de Naples, de Na-varre , de Grenade & du Nouveau Monde, nepurent jamais enfler ni amollir ; & nous con-noissons un grand Cardinal(que je ne vous nom-me point, afin d’en pouvoir parler avec plusde liberté : ) Nous connaissons, dis-je, ungrand Cardinal , dont la modération est en-core plus grande que la faveur, & qui a ditde soi-même, le plus véritablement du mon-de, que son vas/eau avoit plus de vent, qiCìl

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