de Morale. 37
traîne en dépit d’eux, & qu’au lieu d’admirerla force qu’ils ont de s’élever toujours plushaut, nous les devons plaindre de l’impuisslance où ils fe trouvent de s’arrêter où il leurseroit le plus fur & le plus commode ?
Un Poète Latin a cru , que la prudence ètoitla première des vertus , qui fuyait U abandon-nait les misérables : & un Poète Grec tient pourcertain, que le Bon-sens ne demeure aux hom-mes , cyiautant que dure le bon état des affai-res , tfflì que les affligez n’ont pas le même ju-gement , qu’ils avaient devant leurs disgrâces.
Que s’il est vrai, que les adversitez cor-rompent cette partie de notre ame, qui estdestinée à la direction & à la conduite detoutes les autres, il l’est bien davantage en-core, que les grandes & longues prospérité?la blessent plus dangereusement sans compa-raison.
Aussi est-ce la pensée de deux excellonsJuges des actions de la vie, que la Fortunen’est estimée aveugle, que parce qu’elle faitaveugles la plupart de ceux qu’elle fait heu-reux, & qu’elle ne manque guères de rendresots ceux qu’elle mignarde le plus ; sem-blable à ces mères inconsidérées, qui, pourjustifier la vérité de cette maxime de Morale,que la haine déclarée n’est pas pire que lefol amour, & qu’ils ont tous deux d’aullì fu-nestes succès, font de leurs enfans des enfànsgâtez qu’elles rendent haïssables à force deles aimer.
Cela étant, Monsieur, il y a peu de per-sonnes qui puissent dire hardiment avec leCotta de Saluste : Tout le bien tout le malqui irìarriveront jamais ,apporteront du chan-gement à mes affiires , Jans en apporter à mesfentìmms & a mon esprit & avec notreB 7