Band 
Tome second.
JPEG-Download
 

42 Lettres

rêts, ceux des personnes qui leur font che-res. i

Et certes, l’excès de l’amour que chacunde nous a pour foi est si rebelle , si opiniâtre& si difficile à réduire dans l’obéïssance, que |

jamais l’honneur du triomphe n’est mieux dû ,

à la Raison, que lorsqu’elle a eu la gloire de ]

le surmonter. , _ í

Sur ce principe, c’étoit un véritable Gé- ,

nèreitx que ce Conquérant, qui ayant fait la» (

geste de tout le butin qu’il avoit pris fur les t

Ennemis, ne fe réfervoit pour son partage ,que le seul plaisir de savoir donné. C’en étoit §un autre que ce grand Prince, qui ayant com-blé de biens tous les Vertueux de son Siècle, j

trouvoit que son Or & son Argent étoient beau- j

coup plus honorablement & plus sûrement .

entre leurs mains, que s’ils fussent demeurezdans ses Coffres, & dans son Epargne. C’enétoit encore un troisième que cet Empereur deRome, qui tenoit perdus les jours qu’il avoit

Î tassez fans secourir le besoin ou récompenser j

e service, ou honorer le mérite de quelques f

hommes rares. j

En ce sens-là , Monseigneur, fut-il jamais j

personne qui perdit moins de tems que vous, i

6c qui fût mieux ménager les moindres mo- si

mens ? Bien loin de laisser échaper les occa- t

fions vous les cherchez, vous les courez, vous t

les faites naître. 11 n’est point aujourd'hui t

de vertu , qui n’ait eu le bonheur de trou- 1

ver en vous de la protection & de l’appui, sielle a eu le courage de fe produire : & enfin ■ \les avares n’ont pas plus d’avidité pour les prichesses, ni les voluptueux plus d’ardeur pour ïleurs plaisirs, ni les ambitieux plus d’empres- t

sèment pour leur fortune , que vous avez de \paillon violente de répandre bien à propos ç

vos k