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Tome second.
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44 Lettres

Plutarquc faisant la comparaison de Lycur-gue & de Numa; C’est, dit-il, une belle choseque d’acquérir ttn Royaume par sa Justice com-me 'Numa} mak c’en es une belle aujji de pré-férer la Justice à un Royaume, comme Lyczir-gue. L’excellente probité mit le premier en«ne telle réputation que les Romains le vou-lurent pour leur Roi ; & éleva fi haut le cou-rage du second , que pouvant aisément mon-ter sur le Trône , il aima mieux y établir unEnfant auquel il appartenoit par le droit de lànaissance.

Néanmoins, Monseigneur, un effet si raren’aura rien pour vous d’étrange ni de surpre-nant : car outre que vous sentez dans votregrand cœur le même principe qui fait voirquelquefois au monde des merveilles de cettenature, vous considérerez que Lycurgue étoitun grave Législateur, qui faisoit une particu.liére profession d’une sagesse consommée.

Mais que direz-vous de Ferdinand d’Arra-gon , que nos Pérès ont pû voir, & qui avoitété nourri entre les bras , & dans le sein dela fortune, où l’on n’apprend guères le mé-pris des grandeurs & des vanitez? Après lamort du Roi son Frère, les Arragonnois nepouvant se résoudre de reconnoitre l’autoritéd’un jeune Enfant qu’il avoit laissé, lui offri-rent la Couronne , & le pressèrent de l’ac-cepter ; & sur le refus qu’il en fit, convo-quèrent les Etats à un jour nommé. Ferdi-nand s’y trouva comme les autres, ayant ca-ché fous son manteau son petit-Neveu, revê-tu de toutes les marques, & de tous les or-nemens de la Souveraineté : & voyant que tousles Ordres d’un consentement unanime étoientsur le point de le choisir pour leur maître, ilse leva de sa place, & montrant à toute F As-semblée