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Tome second.
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78 Lettres

rente faire des Inconstans; comme toutes lesBelles en font. Je fai que ces raifonnemensvous pjiroitront assez grossiers , & qu’ils fontdémentis par toute la Métaphysique amou-reuse ; mais je fuis fâché que l’expérienceque j’ai du monde, ne me permette pas deconserver des idées, que je trouverois aussibien que vous plus nobles & plus délicates.Ce n’est pas ma faute, si je ne croi pas quel’arnour suffise pour faire le bonheur de quel-qu’un ; j’aurois assez d’envie de le croire ;mais pourquoi l’amour a-t-il trompé à mesyeux mille Gens à qui il avoit promis qu’illes mettroit seul en état de fe passer de tout?Et íì l’amour trompe, à plus forte raison,l’amour qui devient ménage. Vous vous fi-gurez peut-être que vous trouverez mille agré-mens, & mille complaisances dans la Per-sonne que vous aurez épousée, parce qu’elledevra tout à un homme qui lui aura sacrifiésa fortune ; mais prenez garde que ce ne soitlà justement ce qui gâtera votre Mariage. 11pourra arriver fort aisément qu’on ne répondrapas à l’idée que vous concevrez de l’obliga-tion que l’on vous aura. Je ferois bien fâchéd’avoir une Femme à qui je fusse en droit defaire les reproches que vous pourrez faire à lavôtre. II me semble qu’on est bien malheu-reux d’avoir des matières de plaintes, outrecelles que le Mariage fournit naturellement.Une Femme ne doit déja que trop à sonMari, pourquoi en voulez-vous une qui vousdevra encore davantage? Songez que par-làelle fera plus mariée avec vous qu’une autrene l’eût été, & que par conséquent elle vousrendra moins heureux. Vous ne savez pasquel supplice ce fera pour vous, que den’oferjamais vous plaindre d’elle ; il faudra , pour

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