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qui ait besoin d’être réparée ; que vous nevoulez ni recevoir de satisfaction de ses in-jures , ni prendre la peine d’en tirer raison, &que vous le tenez également indigne de vo-tre amitié & de votre haine. La prudenceveut, ce me semble, que vous lui parliezavec cêtte hauteur, & qu’après avoir signalé,comme vous avez fait, votre sagesse , parun silence que toutes mes paroles ensemblene sauroient dignement louer, vous en disiezquelques-unes d’assez courageuses, & d’assezhardies, pour faire paraître qu’il y a dans vo-tre ame une fermeté & une vigueur qui n’yest pas produite fortuitement par l’impétuosi-té désordonnée, & par la chaleur fiévreuse'de la colère , mais par la force égale & con-Hante de la Raison bien conduite & bienéclairée : autrement vous avez à vivre par-mi des esprits, qui ne sachant pas la Languedu Portique ni du Licée , appelleraient basses-se > & foiblesse, ce qui s’appelle grandeur decourage en ce Païs-là, où l’on connoît la na-ture des choses, & la propriété des mots :de forte qu’une injure trop doucement, &trop paisiblement soufterte, serait capable à lafin de troubler votre douceur & votre paix,
& de vous attirer un mépris qui est toujoursfâcheux, quoi qu’il soit injuste, & qui vousferait incommode, encore qu’il ne vous bief. 'sât pas. Et certes , il n’appartient qu’à ceuxqui en font exemts par la grandeur de leur nais-sance , de leur condition, & de leur fortu-ne , de dissimuler, & d’étouffer leurs ressen-timens en de pareilles occasions, parce queleur clémence & leur modération, fait perdreaux plus mal-faifims la volonté de leur nuire,comme leur pouvoir absolu leur en ôte le mo-yen : & ainsi sans courre aucune fortune, ils
acquis-