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acquièrent de l’honneur, de l’estime, & de laréputation. Et en effet, il n’y a rien de plusglorieux, selon le sentiment de Sénéque, qu’unpuissant Prince qui peut souffrir d’être impu-nément offensé par ses Sujets ; & c’est par làque les Antigones, les Philippes de Macédoi-ne , & plusieurs autres Souverains, se font ren-dus si illustres dans les Histoires, oú l’on pu-blie autant les'médisances & les calomniesqu’ils ont souffertes de bonne grâce, que lesbelles actions qu’ils ont faites , & les hautesentreprises qu’ils ont achevées. Et pour té-moigner que la vieillesse du monde n’est pas sistérile ni si épuisée de vigueur, qu’elle n’aitencore assez de force pour produire de grandsexemples de Vertu, j’en veux rapporter quel-ques-uns ici qui font à notre propos. NotreLouis XII. qui mérita le titre de Père duPeuple , ne fut-il pas joué en plein théâtredans fa bonne Ville de Paris, & représentécomme un avare insatiable qui bûvoit dans ungrand vase d’Or, sans pouvoir étancher unelois si déshonnête ? II en loua l’invention,& s’en réjouit comme les autres , & peut-être même fut-il bien-aife que l’amour qu’ilavoit pour les richesses , n’ayant jamais faitpleurer le moindre de ses Sujets , leur donnâtmatière de rire & de se divertir agréablement.A votre avis, Monsieur, celui que l’Oraclejugea le plus sage de tous les hommes, enfìt-il davantage lorsque joar hazard allant à laComédie , il se trouva justement à la repré-sentation de celle qu’Aristophane avoit com-posée contre lui ? Et n’est-ce pas un miracleen morale de voir un Prince aussi riche queCreíus, être aussi modéré que Socrate ? Ca-therine de Médicis, quoi qu’elle fût d’unPais , où l’on dit que Dieu s’eji réservé la ven-E J géante