de Conseil, m
pétuelle ; c’est un assoupissement. La con-duite d’un Amant doit être sérieuse & appli-quée , mais fa conversation en vaut mieuxd’étre quelquefois badine. On persuade parl’une , & on plaît par l’autre , & le plus sou-vent il vaut mieux plaire que persuader. L’a-grément a plus fait de conquêtes que la fidé-lité. Je ne sai même si avec le tems la pau-vre fidélité ne viendra point à être comptéepour un défaut. II est toujours certain qu’el-Je ne suffit pas, & qu’elle a besoin d’êtreassaisonnée. 11 vous en coûtera peu de cho-se pour cet assaisonnement. Soyez tel à peuprès que vous étiez avant que d’aimer. Vousavez le vice de vous jetter trop profondé-ment dans l’amour, & de n’être plusqu’a-■moureux, quand vous Têtes une fois. IIfaut aimer, & ne laisser pas de vivre. Adieu,mon cher Comte. Sachez-moi gré des con-seils que je vous donne , car si je suivois mesintérêts, je laisserois finir un amour qui vousdérobe à vos Amis.
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/"''E n’est pas fait, mon cher Comte, &^ vous n’êtes pas quitte de mes conseils.J’ai appris depuis peu que vous vous plaigneztoûjours, & que vous avez de la dispositionà la jalousie. Ne croyez pas que je vous laissepasser ces deux choses-là. Vous êtes aiméfans doute, & fort tendrement. Sur quoivos plaintes font-elles fondées ? Sur ma déli-catesse , direz-vous. II est bon d’être délicat,mais il ne faut pas être Chicaneur. Les plain-tes de délicatesse réveillent, mais celles de
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