Band 
Tome second.
JPEG-Download
 

iï8 Lettres'

A MONSIEUR

DE MONTAUBAN,

AVOCAT AU PARLEMENT.

Cojìar lui conseille d’amajser du bien.

f'E ne sont pas seulement, Monsieur, vosamis communs , qui m’ont appris le mer-veilleux succès de votre action : mais je l’aisû d’une infinité d’endroits ; & je vous puisdire que depuis trois semaines personne nem’a écrit, qui ne m’en ait parle de la ma-niére dont vous pourriez le desirer, quandvos désirs en cela n’auroient ni règles, nimesures. Je pense , Monsieur, que j’en aiplus de joye que vous , & je doute qui devous ou de moi vous aime le plus. Dans cet-te pensée, trouvez bon que je vous donne cemot d’avis. Les applaudissemens les plus justes & les acclamations les mieux méritées nedoivent pas être la dernière fin de votre nobletravail. LaJlaison veut que vous fassiez ser-vir votre réputation à votre fortune : & qu’é-tant honorable autant que vous l’êtes, il fautque vous vous mettiez en état de l’être tou-jours. Le Magnum semper ìnane Sophos, estle partage des fidèles Suivans d’Apollon, & non

E as de ceux de Minerve, qui est la Déesse Lu ce-sse de Messieurs les Avocats. Soyez sage àson exemple, je vous en supplie, Monsieur,& ne vous contentez point de l’étre en touteautre chose. Pour mon droit d’avis, je vousdemande qu’à l’avenir vous ne vous moquiezplus de moi en m’appellant votre Patron , Vousvous faites en cela plus de tort, que vous ne

pensez.