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Tome second.
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de Nouvelles. 129

tous connoissez, est fort jolie, & d’un air en-joué. Le soir, un jeune homme qui passoitpar là, l’entretint quelque terns, & qui quece soit ne l’eùt pris pour un voleur. Car ou-tre qu’il étoit bien fait, d’une mine honnête,& qui sentait son bien, il s’étoit encore at-taché à lui plaire. Malgré tout cela, ce mal-heureux Garçon s’alla mettre en fantaisie dela voler cette nuit-là ; si bien que le mari &la femme étant retirez dans leur chambre,quoi qu’ils en eussent fermé la porte, il trou-va le moyen d’y entrer. 11 y avoit deux litsà la chambre, & parce qu’il n’y avoit pointde lumière, il n’eût su auquel aller, fi lemari qui ronfloit en dormant, ne l’eût guidé.II s’avance doucement de ce còté-là, & d’a-bord il saisit cette pauvre femme à la gorge,& lui dit à l’oreille, que si elle faifoit le moin-dre bruit, elle étoit morte, & qu’il alloitpoignarder son mari, l’affurant néanmoinsqu’il se contenterait de peu de chose , ne fût-ce que d’une bague, ou dune montre. Ontient qu’elle eut plus de peur pour son marique pour elle, & que c’est ce qui l’empêchade crier. Elle donna quelques momens à dé-libérer de ce qu’elle avoit à faire ; & ne sa-chant à quoi fe résoudre, elle prit par un in-stinct naturel, le parti que toute habile fem-me aurait pris par un raisonnement juste : ce futd’appaiser ce jeune voleur, & de passer le restede la nuit à le caresser. Et elle y réussit avec tantde succès , qu’il se retirait tranquillement sur lcpoint du jour , sans bague, ni montre, extrê-mement satisfait de cette Dame : quand sonmari qui malheureusement s’éveilla de lui mê-me , courant après lui, & le prenant au collet,fit un horrible vacarme. Les gens retirez dansce logisv oulurent savoir ce que c’étoit, & tousF z opinaient