de Nouvelles. 131
vous aviez demeuré ici deux ans, vous diriezqu’z/ vaut mieux Ure misérable à Paris , qued’être riche à Rome. Depuis mon départ dela Paroisse Saint Eustache, j’ai perdu plus dela moitié de mon esprit. Les Muses me fuient ;& j’ai grande envie aussi de les donner à tousjes diables, tant je fuis malcontent de leuravoir fait la cour. Si je revenois au monde,je prendrois un métier plus utile. Le bonPhébus a beau avoir une perruque d’or, sesSuivans n’en font pas plus heureux. A nosillustres Amis, mille très-humbles baise-mains.Dites-leur que je leur demande un pauvreJ)e profundis , puisque je dois être considérécomme trépassé, à cause que je ne jouis plusde leur compagnie, ni de la vôtre.
A MONSIEUR
F L O T E.
Jrlainard lui écrit des nouvelles; N àz ti-moigne la pajjton qu’il a de le revoir.
VTOus commençons, mon cher Maître, àboire délicieusement à la neige: & j’enai dépensé pour plus de trente Jules à célé-brer votre santé. La compagnie qui est ici,se résout à passer le tems doucement, tandisque l’Eté nous fera sentir des chaleurs, quipeut-être ne font pas moins ardentes quecelles du Purgatoire. Que n’êtes-vous à Romepour six mois, & jusqu’à la fin des figues Scdes melons ; vous dissiperiez la mélancolie quinous assassine : & vous nous aideriez à vuidercent cinquante muids du meilleur plot, quela France ait jamais envoyé en Italie. Mon-F 6 sieur