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rai satiriquement contre vous. Craignez cela,& considérez que je fuis au Pays de Pasquin.Pour vous obliger à m’écrire, je vous (diraice qui se passe ici. II se fit, il y a quelquesjours, un combat d’Amour entre un jeuneMarquis, qu’on appelle de Curjhi , riche dequarante mille écus de rente ; & une FameuseCourtisane , nommée, Julìa EeUamano. Ilss’échaufférent si fort, qu’ils en font mortsquinze jours après ; & ils méritent d’être en-sevelis devant le grand Autel de la Concubinede Mars. L’Amant n’avoit que vingt ans, &étoit fiancé à une des plus belles filles d’I-talie. Ecrivez-moi, je vous en conjure, tou-tes sortes de Nouvelles : Car c’est ce qui faitpresque ici tout le mérite d’un honnête hom-me. J’oubliois, mon cher Maître, à vousdire une bonne sottise : Les Maris à Romedurant la Canicule font lit à part, & disent,nel grand caldo d’agojìo , moglie mìa , non ticonosco. Le premier de Septembre, ils seraccrochent avec leurs chères moitiez : & cejour-là avant que de procéder à la copulation,ils les promènent devant tout le monde ; &vont comme en Procession à Saint Pierre, àSaint Paul, & à quelques autres Eglises.C’est un plaisir que d’être spectateur de cettecérémonie. Savez-vous de la manière que jel’appelle, Festum prupagatìonis Generis hu-mant. Les Prélats François, & moi en avonsri de bon cœur : ils m’ont ordonné de vousî'apprendre. Je le fais, & fuis,
Votre très...
A MON-