de Nouvelles. 137
jours avec un petit nombre de François souperdans les Vignes qu’on peut avec raison appel-ler belles. Je fuis'toujours de la partie, &tâche de me ressouvenir des importantes le-çons de goinffrerie que vous m’avez si souventfaites. Mais je ne puis attraper cette bonnegrâce qui vous réussit si heureusement. Cen’est pas, mon cher Maître, que je fois cha-grin , ni que je le puisse être à la vûe desravissantes bisques qu’on sert sur les tablesde nos Prélats François. Ces Messieurs ontamené des Fricasseurs qui montrent aux tris-tes Cardinaux d’Italie l’Art des sauces & desragoûts. Car ces misérables ne vivent que deraves & de fenouil. Ils n’usent de cure-dentsque pour faire accroire, qu’ils ont dîné quandils font à jeun, & ils n’aiment les bonnesviandes que fur la table d’autrui. O ! que jevous dirai de belles choses la première foisque nous nous verrons. Vive la Cour deFrance. Je donnerois toute l’eau du Tibre,pour une goutte de la Rivière de Seine.
J’aime fort à boire à la neige,
, Mais je détejìe le Cortège.
On est ici pour la Fortune. Saint Pierreest si ami de cette aveugle Demoiselle, queceux qui sont malheureux, auront de la peineà l’obliger de leur ouvrir la porte du Paradis.Le Chevalier de Souvré vient de prendre lagrand-Croix. 11 dit qu’il lui semble porter unMoulin à vent sur' le pectoral, Adieu : écri-vez-moi toutes sortes de nouvelles. La trou-pe de gli Novellanti est la plus nombreuse detoutes celles d’Italie.
Votre très-humble & très-obéïssant Serviteur.
MON.