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Tome second.
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140 Lettres

sieur Varin, qui a fait de fi belles monnoyes& de fi belles médailles, avoir tout fraîche-ment marié une sienne Fille, belle, âgée de25. ans, moyennant 2$. mille écus, à unCorrecteur des Comptes nommé Oulri, Filsd’un riche Marchand de marée. 11 n’y avoitque dix jours qu’elle étoit épousée. On luiapporta un œuf frais pour son déjeuner, elletira de la pochette de sa jupe, une poudrequ’elle mit dans l’œuf, comme on y metd’ordinaire du sel, c’étoit du sublimé qu’elleavala ainsi dans l’œuf, dont elle mourut troisquarts d’heure après, fans faire d’autre bruit,sinon qu’elle dit: Jl faut mourir, ptdsqueVavarice de mon Père l’a ainsi voulu. On ditque c’est du mécontentement qu’clle avoitd’avoir épousé un homme boiteux, bofl'u &écrouelleux. Elle mourut dans le logis deson mari, près des halles, & fut enterrée lelendemain fans grande cérémonie. Les Fem-mes de la halle, qui font les muettes deParis, mais qui ne laissent pas de babillerplus que tout le reste du monde, disent quecette pauvre jeune Femme est morte vierge& martyre, ct que son Mari n'a jamais cou-ché avec elle. Elle eut horreur de lui dès lesoir de ses Nôces, en voyant quatre hommesoccupez à le déshabiller & à démonter soncorps comme à vis, & lui ôter une jambed’acier qu’il avoit > & le reste du corps toutcontrefait. Voyant ce bel appareil de "vi-ces , elle se mit à pleurer, & se retira dansun cabinet, où elle demeura le reste de lanuit. Le lendemain des Parens ayant faitleur possible pour la remettre & la fléchiren quelque façon, fans en avoir rien pû ob-tenir ; le Mari, dont la présence étoit fortodieuse à cette nouvelle épouíè, monta à

cheval,