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Tome second.
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Relations. 187

A MADAME**. LeChev.

J E vous prie, Madame, que je vous fasseune Histoire assez extraordinaire, mais dont

je vous garantis la vérité, & qui est nouvelle-

» ment arrivée. Elle vous donnera une frayeur

«B salutaire des forces de l’Amour, & servira à

pjtí: vous faire voir que dès qu’un Amant est d’une

ïïih certaine persévérance, il n’y a rien de mieux

à faire que de s’accommoder avec lui. La L...ds;5, étoit amoureux depuis deux ans, & n’avoit pû

htc trouver moyen de plaire; foins, assiduitez,

tel respects, plaintes, larmes, fureurs, toutavoit

la Aty été inutile. A la fin un beau jour qu’il étoit

nage, i dans le Cabinet de la Dame seul avec elle-, il

ïfc lui déclara que puisque rien n’avoit été capable

çiití:': de la toucher, il étoit résolu de mourir. jus-

à ûdï ques là il ne tenoit qu’un discours fort com-

wi!j& mun; mais voici ce qu’il y eut de particulier :

drtò; Et ajin , lui dit-il, que vous joiiijjìez pleine-

ierlede ment de ma mort, £çf que vous ayez le plaisir

de L de la voir arriver par degrez , je veux mourir

pirei jn de faim ici , dans ce Cabinet , & fur cela il fe

újoiB-' jette à terre pour commencer de ce moment-

ji gui là à mourir. La Dame ne fit que s’en moc-

ê quer, & le laissa là, fort sûre qu’il n’y seroit

auieast P aS op core dant un quart d’heure. Cependant

le soir arrive, la nuit vient, & il est encoredans le Cabinet. On va le trouver, on luidemande s’il est fou s’il veut passer là la nuit.11 jie répond pas un seul mot, & oblige laDame à sortir. La nuit se passe. Le lendemainon retourne de bon matin l’exhorter à rési-piscence ; il n’ouvre la bouche que pour ré-pondre ; Madame , f ai eu P honneur de vous■iifîK» àe mes dernières paroles. 11 jette un regard

Écvií A languissant fui ellepousse un soupir, &

tourne