Relations.
24Z
revenir coucher à Inquiétude ; parce qu’on neloge point à Petits-Soins ; si bien que jc patlai encore fort mal la nuit dans l’impatienceque pavois de revoir Aminte, & n’eus de bonqu’une heure de sommeil, où j’eus un songetout-à-fait agréable.
Je vis mourir entre mes brasCette charmante blondesMais ce fut d’un Jì doux trépas,
Qtfelle en revint plus belle au Monde ,
Je vis pour un tems la clartéDe jes beaux yeux mourante,
Et tomber toute fa beautéDans mes bras languissante :
Mais je connus à mon réveil.
Que c’étoit une fable ,
Et me vis après mon sommeilEncor plus misérable,
Je retournai le lendemain dès le matin à Pe-tits-Soins, & j’y fus de mieux en mieux reçud’Aminte. II n’y avoit que les nuits que jepaíTois à Inquiétude, qui me donnoient dutourment : mais au bout de quelque tems,après avoir fait tout ce que j’avois pu pourplaire à Aminte, un jour elle alla à un autrevillage , qu’on nomme Bon-accueil ; c’est lenom du Seigneur, qui eit un homme fortobligeant, & civil au dernier point : il a sa-bord fort agréable, & reqoit bien tout le mon-de : les Habitans aussi de ces lieux font fortcivils; & Aminte s’y conforme à l’exempledesautres. Elle me requt fort obligeamment, &me laissa crbire par fa maniéré d’agir qu’ellen’étoit pas tâchée de me voir.
Cela fit qu’Amour me mena coucher à Es-pérance , qui est une belle & grande Ville fortL L peuplée,