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Aminte ? Avant vous avoir vueJe navois pas cette langueur.
Le lendemain je me levai de grand matin,& Amour me fit aller à un autre Village, qu’onnomme Petits-Soins, qui est bien différentd’Inqtiiétude ; & c’est, à mon avis , un desplus agréables lieux de tout le Pais.
L’on y voit venir tous les joursLes Amans de cette ContréePour voir l’objet de leurs Amours,
Qui ne manque jamais d’y pajfer la journée.Là toutes les maisons font couvertes de fleurs;Tout y rit; tout y plaît ; tout paraît magni-fique.
Les Danses , les Fefiins , le Bal > U la Mu-sque
Eloignent de ‘‘ce lieu la plainte , efi les dou-leurs ;
Les Vices font bannis de ce lieu deleflable;
Le plus fâcheux y devient agréable,
Et i’avare y répand ses trésors amassez,
Le sot a de l’efirit, le Reveur parle osez,
Et les Muses y font leur séjour ordinaire ;Enfin chacun y sait tout ce qu’il faut pourplaire.
En effet on n’y voit que parties de Galan-terie ; la Propreté, la Complaisance, la Ma-gnificence, les Petits jeux, & la Gayeté nebougent de ce lieu, & tout s’y fait enfin dela meilleure grâce du monde.
En arrivant je me sentis l’humeur complai-sante , & ingénieuse à trouver des divertiffe-mens pour donner du plaisir à Aminte. Dansce dessein après m’être ajusté proprement,Amour me mena chez elle plus satisfait que jen’avois encore été de ma vie ; mais il fallut