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Tome second.
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Relations, ssi

lors qu’Aminte en sortiroit. Ce fut là quepar un plein Ruisseau de pleurs je fis enten-dre mes plaintes, & que je fus souvent mal-traité par la Cruauté : enfin je croi que mesdouleurs m’eussent accablé, si f Amour nem’eút donné un fidèle conseil, qui me sauvala vie. Un jour je vis passer auprès de moiune fille bien faite, qui verfoit des larmesen me regardant; & il fembloit à fa postu-re qu’elle donnât ces larmes à mes malheurs :

Elle fembloit dire en soi-même;

Hélas ! que je plains cet Amant :

Sa tendre ardeur U son Amour extrêmeMériteroient , bêlas ! un plus doux traitement.

Je me sentis si obligé à cette fille, que jedemandai son nom ; & Amour me dit que c’é-toit la Pitié, qui venoit ainsi souvent pour tâ-cher d’obliger quelque Amant malheureux; &que si elle se mettoit de mon parti, elle fe-roit sortir Aminte du Rocher de la Cruauté.

Pour suivre son conseil, je tâchai d’émou-voir la Pitié en lui faisant voir le déplorableétat où j’étois ; & elle en fut si touchée, qu’el-le me promit son assistance : Elle ne tarda paslong-tems à me faire voir l’esset de ses pro-messes ; car tournant tout autour du Rocher,à la fin elle apperqut Aminte, & les larmesaux yeux lui conta ma triste avanture, &d’une maniéré si touchante , qu’elle tira deslarmes des beaux yeux de l’inhumaine. LaPitié la voyant s’attendir à son récit, la me-na où j’étois, & lui fit voir le triste état oùelle m’avoit réduit. Aminte ne put íè défen-dre d’être sensible à ce spectacle ; elle com-mença d’écouter mes amoureux reproches ; él-is en approuva le triste murmure, & enfin seL 6 résolut