Lso Relations.
Héla* ! cruelle Aminte ,
Ttse pourrai-je jamais du moins vous attendrir ?Ce Bois , êf? ces Rochers font touchez de maplainte ,
Ils voudraient bien me secourir ;
Et vous, cruelle Aminte ,
Qui causez tous mes maux , vous me laissezmourir.
Je faisois ainsi retentir de mes plaintes tousles Echos voisins; je n’avois point de repos,& ne Cessois de répandre des larmes ; j’étoisle plus souvent autour du Rocher, où jerencontrois Aminte ; mais toujours accompa-gnée de la Cruauté, que je tàchois en vainde fléchir par toutes fortes de soumissions.
Un jour que j’étois plus désespéré que decoutume , Amour me conduisit fur le bordd’un Lac,
Le Lac du Désespoir , où les Amans trahisCessent d'être à laJìn malheureux U hais,Désespérant toujours d’être aimez de leurs Belles,Et ne pouvant aussi vivre ici bas sans elles sAprès avoir en vain passé de tristes jours,
Ils viennent y finir leur vie U leurs Amours:Là font tous les oiseaux de malheureux pré-sages s
Là nagent lentement mille Cygnes sauvages,Dont les tristes accords £c? les mourantes voixSemblent plaindre un Amant quand il est auXabois.
Le long de ces bords se promènent plu-sieurs tristes Amans, & j’en vis peu qui seprécipitassent; je fus tenté de mourir; maisje résolus de tenter encore une fois auparavantd’attendrir Aminte , & la Cruauté. Dans cedessein je m'en allai coucher à l’entrée duRocher, résolu de n’en point partir, que