2§o Relations.
Armez-vous de rigueur,
Soyez cruelle & fière ;
Si j’ai de la colère.
Je la garderai dans le cœur.
Hon , non, quelques maux que f endure,
La douleur en J'era peinte dedans mes yeux ;Vous ne me verrez pas un cœur audacieuxJusqu’à vous accabler d’un insolent murmure ;
Vous me verrez plein de langueurVous prier tendrement n’être plus sévère :Mais s’ìl me vient de la colèreJe la garderai dans le cœur.
Aminte néanmoins ne me pardonna pasd’abord : elle avoit peine même à souffrir maprésence, puisque j’étois capable de tant defoiblesse. Je tâchois de la fléchir, en luidisant:
Songez que la peine eji mortelleLors que ton aime tendrement,
Le rencontrer une cruelle,
Qui se rit de notre tourmentsQu on ne peut vivre Amant, fans voir ce qutton aime;
Redonnez-moi t espoir ct attendrir votre cœur:Si je vous ai déplu par quelque offense extrême,J’en ai souffert affez par ma propre douleur.
Mes larmes, & mes prières, jointes à incli-nation naturelle qu’elle avoit pour moi &qu’elle m’avoit témoignée à Confiance, mefirent redonner ses bonnes grâces.
Enfin après plusieurs travaux nous arrivantesà la Capitale du Pais d’Amour. Elle porte lenom de l’Ifie, & c’est où se tient la Cour,qui est tout-a-fait belle ; car elle est composéede toutes sortes de Nations, de Rois, de
* Princes,