Relations. 261
Princes, & de Sujets; & les uns néanmoinsn’y font pas plus grands que les autres. LaVille est fort grande , & tout y est pêle-mêle:les gens de mérite y font quelquefois avecceux qui n’en ont point : les personnes bienfaires souvent y quittent tout pour les laides :ce qui fait assez voir que le Dieu qui y prélide,est aveugle. Au milieu il y a un Temple fa-meux plus ancien que le monde ; car Amoury étoit quand il débrouilla le chaos. CeTemple est fort spacieux, & à peine est - ilassez grand pour recevoir tous les Sacrificesqui s’y font a chaque heure du jour. Nousy allumes pour faire un Sacrifice. En entrantjl fallut donner des Viétimes qui font lescœurs : Aminte avoir encore de la peine à don-ner le sien ; mais les désirs l’emportérent à lafin après un peu de violence. Nos cœurs fu-rent donc offerts en Sacrifice à f Amour ; & laflamme qui les brûloit ne les confumoit pas.Après le Sacrifice, nous le? trouvâmes encoretout entiers, mais brûlans;
Et par un fort honteux échanges.
Au lieu de reprendre le Jien,
Aminte en cet heureux mélangeSe saisit aiisi-tôt du mien,
Ainsi , sans force & fans contrainteJe me -vis pojsejj'eur Hu cceur de mon Aminte.
Me voilà au comble de mes vœux, necroyant plus avoir à souffrir. Je demeuraiquelque tems dans cette Ville-là, jouissant desplaisirs qu’on peut avoir quand on est aimétendrement, c’est-à-dire,
Je saisis toute fa tendresse ,
Elle vouloit toujours me voir :
Mon