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Tome second.
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Relations. 269

Je vous laisse à penser combien je fis deplaintes fur cette infidélité ; il me vint milledifférentes pensées de vengeance contre l’in-grate & son Amant ; mais la violence de macolère étant passée, j’en vins aux regrets.

Pour avoir plus d’Amour que P on tien eut ja-mais,

Que ne me laiffez-vous du moins mourir en Paix ?Ingrate , vo-us potcviez , fans être criminelle,Attendre encor deux jours à paraître infidèle jEt ne m’exposer pas à cette cruauté,

Jle voir avant ma mort votre infidélité,

Quand accablé d’ennuis U prêt à rendre famé,Vous deviez retenir votre nouvelle flame,

Et je méritais bien par mon fort malheureuxQue votre amour durât encore un \our ou deux.

Je passai ainsi plusieurs jours à me plain-dre , & je ne voulois pas m’éclaircir entiè-rement de mon malheur, de crainte de trou-ver de trop grands sujets d’affliction. II yavoit même quelques momens où je m’imagi-nois, que peut-être la Renommée avoit, se-lon íà coutume, accusé faussement Amintede perfidie, & je ne pouvois croire qu’aprèstous les sermons qu’elle m’avoit faits, Amin-te eût si légèrement trahi fa parole, & qu’el-le pût oublier en peu de jours mes services, &recevoir ceux d’un autre. Quelquefois auíïïj’excufois en moi-même son ingratitude parmille raisons qui, ce me semblait, l’y pou-voient avoir contrainte : mais enfin je ne fusque trop assuré de toute ma disgrâce. Jevous ai dit dan? ma première Lettre, que ledésert du Souvenir est placé si haut, qu’ondécouvre de là toute l’Isle d’Amour. Un jourje vis Aminte dans le Palais du vrai Plaisir,M j avec