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& le repos me sembla plus doux, à causequ’il m’écoit nouveau d’en avoir. Quand j’ar-rivai à cette Ville , je vis que tout le mondey étoit oilìf : la Ville est déserté, & presquetous les Habitons demeurent en leur particu-lier : il y a un Port par où l’on fort de l’Isled’Amour, car pour y entrer par-là , c’est cequi n’est jamais arrivé. Cette Ville se nommeIndifférence, & donne le nom à une Prin-cesse qui est belle à la vérité, & qui sur-tout a beaucoup d’embonpoint, mais elle a lamine si peu spirituelle, & paroit si inutile &si niaise, qu’elle en est ridicule.
D’abord que je sus dans cette Ville, le sou-venir de l’affront que m’avoit fait Aminte, mela rendit agréable > & je ne pouvois m’empê-cher de crier mille fois le jour,
L’on n’ejì jamais content alors qu’une BeautéDessous ses dures loix tient notre ame asservie iPour être heureux toute sa vieU saut garder sa liberté.
Je me trouvois fort heureux d’étre déba-tassé de mon Amour , & je m’étonnois sou-vent de toutes les folies que ce Dieu m’avoitfait faire: quoi que je songeasse quelquefoisà Aminte, il me sembloit qu’elle etoìt enlai-die depuis son infidélité: l’humeur où j’étoisne me la représentoit que comme une person-ne qui ne méritoit plus une forte passion com-me celle que j’avois eue pour elle, & quiavoit perdu toutes les grâces qui me l’avoientfait aimer. Enfin, j’étois dans un fi grandrepos, que je commençai à m’en ennuyer, &ce changement extrême d’une violente amouren une froideur extraordinaire me devint siinsupportable, qu’une langueur me saisit qui