Relations. 273
me donnoit un chagrin que je n’avois jamaissenti. Mon cœur, qui étoit accoutumé àl’amour, ne savoir où placer ce fonds de ten-dresse qui lui étoit resté en quittant Aminte,& trouvoit bien rude une vie aussi paresseuseque celle que je menois dans Indifférence, jechantois tous les jours en moi-même,
Sans Amour çsf fans tendresseU n’eji point de doux moment :ll faut soupirer sans cesse,
Von n’ejì heureux qu’en aimant .
A quoi passer tout le purSi l’on ne songe point à plaire ?
Et si l’on n’a point d’amour,
(sue peut-on faire ?
Que la vie efi ennuyeuseQuand on n a point de desrs /
Qui n’a pas F ante amoureuseLa voit couler Jans plaisirs.
A quoi passer tout le jourSi F on ne stage point à plaire?
Et Ji Fon ria point ct amourQue peut-on faire ?
Je ne voulois pourtant pas ffl’y r’engagertout-à-fait, & je me trou vois trop mal del’Amour, pour me rembarquer encore dansune autre passion : mais je cherchois à m’oc-cuper du moins agréablement.
C’est ce qui faisoit que je sortoïs de la Vil-le tous les jours, pour voir si je n’auroìs pointquelque avanture, quand un jour je rencon.trai une Femme , dont l’abord étoit tout-à-fait agréable, elle avoít un air libre & enjoué,& quelque chose qui plaisoit d’abord en lavoyant; Elle ne m’eut pas plutôt apperquM 5 qu’elle