Relations. 275
m’introduire par - tout, je n’eus pas grandepeine, & je fis tant de parties, que je mefis connoitre dans toutes les Compagnies dela Ville. Je passois le jour en festins, la nuità donner des Sérénades, & je ne me don-nois pas ainsi le tems de m’ennuyer, mais àla fin cette forte de vie me fatigua.
Alors qu on a goûté le plaisir d’être aitné,
Tout ce qui vient après ne fait que nous dé-plaire s
Et Jl le cœur n'ejì enflammé,
Tous les plaisirs ne touchent guère.
Je commenqois à en avoir du chagrin, quandje fis une partie dans laquelle il fe rencontradeux Filles également aimables ; l’une fe nom-moit Silvie, qui avec une taille admirableavoit tout ce qu’il faut pour faire une fort bel-le personne ; & ce qui me charmoit le plus,c’étoit un air de joie & de jeunesse qui infpi-roit tous les plaisirs ; elle avoit quelque cho-se de si engageant & de si aimable , qu’onne pouvoit s’empécher de l'aimer : l’autre fenommoit Iris, qui n’avoit pas la taille si bel-le , mais fort bien prise ; & de plus, elle avoitune certaine négligence en marchant fort agréa-ble ; mais aussi tous les traits de son visageétoient accomplis, elle avoit un teint vif,beaucoup d’éclat, de grands yeux, le nezbien fait Sc dans la bouche un charme înex-pliquable. II fembloit que les Grâces & lesKis en eussent fait leur demeure, & quand el-le rioit fur-tout, on y remarquoit mille beau-tez qu’il est impossible d’exprimer.
En la voyant il n’ejì point d’armesTour contr’elle un motnent garder fa liberté,M 6 Et