Relations. 28Z
passois avec Silvie, comme des heures où jem’abandonnois au defespoin Cette sorte devie me sembloit assez agréable, j’étois fortgai à Intelligence; & quand je venois voirIris, je prenois un visage sérieux, & je prisenfin une habitude de contrefaire mon hu-meur quand bon me sembloit ; les larmes neme coûtoient plus rien, & je savois faire lemisérable quand la fantaisie m’en prenoit ;
A mon gré je savois & gémir U me plaindre-,Selon qu'il le falloit pour seconder mes vœux:
En amour c’ejì tout que de feindre ,
Et savoir à propos faire le malheureux.
Enfin après avoir assez fait le langoureux,je voulus la faire sortir de ce déplaisant séjour,& sans avoir recours à la Pitié, je fis seulementce que me conseilla P Amour Coquet,
Au lieu de lui demander grâce,
Ajfetle des froideurs U cache ton tourment,Car il n’eji rien que son ne fajfePour se conserver un Amant.
Pour cet effet, la première fois que je lavis, ayant concerté mes yeux & mon langage,je lui dis assez gayement
Enfin je ne suis plus à vousEt je renonce à votre empire ;
Vos yeux qui me semblaient st doux~Ne me causent plus de martyre.
II ejì vrai que vous êtes belle,
Et qu’ilseroit bien doux de toucher votre coeur iMais , Iris , vous êtes cruelle ,
Et FAmour ne peut vivre avec tant de rigueur.
Je n’tù