284 Relations.
Je n'ai point épargné les soupirs ni les larmes,Ni tout ce qui pouvoit bannir votre courroux ,Vous níavez vu soupirant pour vos charmesDemander grâce à vos genoux sMais puisque votre cœur rebelleRefuse de me secourir,
Adieu , te vous quitte, cruelle ,
Mon dejfiein n’ejt pas de mourir.
Je la quittai auflì-tôt que j’eus achevé cesparoles, & ne retournai plus la revoir depuisce tems-là : je m’attachai alors à Silvie plusque de coutume, & n’oubliai rien de toutce qui pouvoit faire connoitre à Iris que jel’avois oubliée:
Au bout de quelques purs je vis que cette belle ,Par un fort heureux changementsAima mieux n’être plus cruelle,
Et trouva plus de honte à faire un infidèle,
Qu'à bannir ses rigueurs en saveur d'un Amant.
Elle vint à Intelligence, où d’abord elleme fit quelques reproches, & je ne manquaipas à lui jurer mille fois que ce que j’en avoisfait, n’étoit que pour voir si ma perte touche-roit son cœur. J’avois bien des affaires en cetems-là, car c’est une chose assez difficile dedemeurer dans Intelligence avec deux person-nes, j’écrivois tous les jours deux billets,j’avois tous les jours deux rendez-vous, & ilfalloit bien de l’adresse pour ne rien faire con-noitre , mais avec tout cela c’étoit un embar-ras fort agréable, & dans lequel j’eussc vo-lontiers long-tems demeuré, si l’Énvie, quine peut souffrir personne à Intelligence, nefût arrivée & n’eût tant dit de choses malà propos, qu’Irls & Silvie furent contraintes
de sortir