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pus que cette Mandane ítoit bien malheureuse ,lors qiìelle avoit tant d’angoijjes dans le cœur ,b qiCelle ne pouvoìt s’aboucher avec le GrandArtaméne ? Je trouvai la remarque fort pro-portionnée au génie d’une Religieuse, tou-jours gênée & captive; & la petite Pension-naire, qui l’entendit bien en ce sens-là, ré-pondit brusquement, Oui , mak Artaméneé,toit toujours en campagne pour enlever Man-dane , çi? pour nous , personne rìy sosige.Vous voyez que l’exemple de cette Héroïneles a assez mises toutes deux dans le goûtdes Enlévemens, & qu’un grand Artaménen’y perdrait pas ses pas, mais je ne voudraispas l’étre de toutes les deux. Cyrus a fait furMademoiselle de V . . . l’effet que les Ro-mans font toûjours fur de jeunes personnesqui n’ont rien vû ; elle s’imâgine le mondefait fur ce modèle. Je tâche de la résoudreà ne pas exiger de ses Amans tout le mérited’Artaméne, & à leur en relâcher quelquechose , sur-tout, ce respect outré qu’il avoitpour sa Maîtresse; & en mon particulier jelui avoue, qu’à moins que ce caractère héroï-que ne soit un peu mitigé, & amené à maportée, je n’y puis pas prétendre , & que jeferois aullì-tôt Capucin. Mais elle veut pren-dre à la rigueur & au pied de la lettre, toutce qu’elle a vû dans son Livre. II n’y a pasgrand mal à cela ; le monde l’aura Lien-tôtdésabusée, & j’espére même qu’elle viendraaisément à goûter la différence qui est entre leRomanesque & le naturel. Peu de Femmesconfentiroient au rétablissement de la discipli-ne amoureuse des Romans.