RELATIONS. ZOs
les Femmes & les Filles de qualité, mêmeles Bourgeoises, les ont un peu gâtées, à cau-se de leur fard. On diroit qu’elles ne saventpas que les dents font un bijou qui se doitnettoyer : & je pense qu’elles s’imaginentqu’elles ne fervent qu’à manger; & qu’ellesne font point faites pour être vues & baisées.Je ne fuis point de leur avis. Je ne fuis ja-mais bien pris, si je ne le fuis par les dents í& l’on ne me tient pas bien, si l’on ne metient par-là. Presque tous les yeux font noirs,brillans , amoureux > & dès-là fort beaux.
Les chemins y font tous pavez où il faut,remplis de grosses fascines, & de troncs d’ar-bres coupez dans les endroits périlleux ; lesFontaines revêtues de pierres de taille & demousse ; les Ponts y ont des gardefoux où ilest besoin. Enfin tout y fait son devoir ;& cela me fuit juger qu’une Fille qui est pas-sionnément aimée, aime aussi de la mêmesorte. Hélas ! Mademoiselle, ce n’est pascomme en France. Les lames d’épées fonttoutes de même longueur : & un Fourbissentseroit puni, s’il en avoit vendu une plus lon-gue que l’autre. Cette Loi devroit être par-tout , on ne devroit attaquer les gens qu’avecarmes égales. Le jour que je fus vaincu, vosyeux . . . Mais ne parlons plus de cela.
Le commencement de la nuit me prit àune lieue de Saint-Sébaftien : quand je vis leSoleil couché, je considérai de plus près lesPirenées, les valions , les Bois de haute fû-taye, les Fleurs, les Herbes de Senteur, lesJasmins communs, les Genêts d’Espagne dou-blesr**'Qiie tout cela m’auroit semblé beausans la réflexion que je faisois de tems entems fur votre absence !
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