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sonnables que nous, puisqu’ils ne permettentpas q u'on perde la Raison un seul momentsans perdre l’honneur. J’entens à force deboire : car à force d’aimer c’est autre chose.Deux Dames, dans deux diverses portes, nousoffrirent à boire íi obligeamment, que nousne pûmes nous en défendre. 11 n’y avoit riende íì propre que leurs verres en forme detasse. La neige entouroit toutes les soucou-pes. Leur boisson est aussi froide que leurcœur est chaud : & la plupart des Femmes dece Pais-là ne sauroient vivre sans glace, &fans amour. Les Espagnols craignent le man-que de glace, comme nous craignons celuide vin, 6c la stérilité de bled. Tel Moinequi résiste à l’austérité des jeûnes, des .cili-ées & des haires, ne fauroit supporter cellede boire chaud : & l’on nous montra deuxjeunes Cavaliers, qui avoient quitté les Recol-lées de Burgos, parce que, dans l’année deleur Noviciat, la glacière avoit manqué.
Les Faisanes sont pour la plupart plus bel-les , plus propres & mieux habillées qu’enFrance. Leurs cheveux font de deux façons ;les unes ont deux ou trois cordons nattez, &pendans fur les cotez & par derrière ; les au-tres pliez seulement en deux. Telle Villa-geoise étoit si ajustée, d’une taille si belle,queli nous n’euffions vû que son corps & sonvisage, & qu’on nous eût caché ce qu’elleportoit fur fa tête, au lieu de deviner quec’étoit un panier, nous aurions juré que c’é-toit une couronne. Leur juppe de dessous estplus longue que celle de dessus, afin qu’onla voye ; tant il est vrai que l’orgueil de cetteNation s’ctend même jusqu’aux plus bassesconditions. Pour les dents, elles les ont fortbelles ■, j’entens parmi les pauvres gens ; car
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