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pas comptez, & ses yeux immobiles, ont tort;car il est de très-belle taille , & quoique sonvisage soit maigre , & qu’il n’ait que fort peude cheveux > on remarque qu’il a été admi.rablement bien fait en sa jeunesse. II ressem-ble plutôt à un Flamand qu’à un Espagnol.Audi le Roi son Père étoit Petit-Fils de l’Em-pereur Charles-Quint, natif de Gand. L’In-fante ressemble à la Reine Mère fa Tante:Elle a les yeux admirables, les lèvres d’unrouge si beau, que ceux qui ne s’y connoî-troient pas soupqonneroient qu’il eût été mispar ses propres mains , & non point par lesmains de la Nature. Elles font un peu rele-vées , c’est-à-dire belles à voir ; mais bienmeilleures encore à baiser, pour un Roi, ce-la s’entend ; Le teint d’un blanc à éblouir,une douceur, & un charme inexplicable dansla moindre de ses actions ; ce que j’en estimele plus , c’est une fleur de santé sans égale.
Sur les quatre heures après Midi, Mon-sieur . . . apporta une Lettre du Roi de Fran-ce à l’Infante. Elle lui fit force complimenspour la Reine de France, Mère du Roi : &comme Monsieur .... lui demanda une& deux fois si elle ne. vouloir rien lui ordon-ner pour dire au Roi, elle lui dit, lié monDieu ! vous avez grand tort , ne vous ai-je pasdit trok fois , que vous disiez à la Reine maTante, que je meurs à’envie de la voir ? Al-lez, dites cela feulement. Toute la Cour trou-va ce compliment si spirituel & si fin, qu’oneût pû soupçonner, quelque esprit qu’ait l’In-fante , fi le porteur eût été Monsieur le Ma-réchal de Clérambaut, qu’il lui auroit íàitdire cela ; mais pour Monsieur ... , on leconnoit j on fait qu’il est trop homme d’hon-neur, & qu’il n’est point homme à l’avoirinventé. Quand