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mais si étrangement grosses , que cela donned’abord de la frayeur. Dix ou douze petites& grosses Machinés suivoient, pleines de Ma-rionnettes. Entre autres je remarquai un Dra-gon gros comme une petite Baleine fur le dostluquel fautoient deux hommes avec des pos-tures si extravagantes, qu’ils fembloient êtrepossédez. Tous les porteurs de ces Machi-nes , & généralement tous les hommes d’EC.pagne qui passent vingt ans, soit Cordonniers,soit Cabaretiers, quoi qu’ils fassent, ne quit-tent ordinairement l’épée , & le poignardqu’en se couchant. Les tapisseries d’Efpagnefont admirables & à quatre rangs , c’est-à-dire les unes fur les autres juiqu’au dernierétage. La plupart des Seigneurs tendent descouvertures de mulet en broderie. Leursrepoloirs font fi misérables, que le plus beaun’approche pas du plus médiocre de Paris.Leurs peintures ne font que de la détrempe.Les honnêtes gens à Madrid n’ont point deplumes, ou ce font quelques Flamans quiont charge chez le Roi. Je pense que la rai-son est, que comme ils voient que les plu-mes font fort légères, ils auroient peur quecela fit tort à leur gravité.
Pour revenir à l’ordre de la Procession, jecroi que vous voyez assez, qu’à ce qui étoitpassé jusque là, un Turc qui eût été à monBalcon, n’auroit pas pû juger si c’étoit uneMascarade, ou une Cérémonie d’Eglise. En-fin P Evêque parut avec le Saint Sacrement ;quatre Seigneurs portoient le Dais. Le Roiíuivoit , & l’on ne pouvoit dire qui marchoitplus gravement > ou celui qui portoit NotreSeigneur, ou Philippe Quatrième. Ceux quidiroient qu’il n’avoit point d’autre Majestéque celle qu’il se donne avec sa lenteur, ses
pas,