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avança aussi la sienne vers la main de DomLouis de Haro : mais leurs deux mains ne setouchèrent point : & tout d’un même mou-vement , sans baisser la main, ni le bras, el-le la mit dans celle du Roi d’Espagrte sonPère, & leurs mains se touchèrent: cela fait,le Roi ôta son chapeau à l’infante, & lui stune révérence, non plus comme à fa Fille,mais comme à la Reine de France. Le Roid’Espagne ce jour~là, & tous les trois autresque je l’ai vû aux Conférences, m’a parufort haut en couleur , m’ayant semblé fortpâle à Saint-Sébaítien à la Procession. Onvit dîner ensuite l’infante, ce qu’on n’avoitjamais fait encore. Ce que vous avez ouïdire que celui qui épouse une Reine commeProcureur, au lieu du Roi, doit mettre, &met effectivement une jambe dans le lit dela Reine, n’est peut-être pas feux, & peutavoir été en usage autrefois ; mais je vous as-sure que Dom Louis de Haro n’a rien fait«Rapprochant de cette Cérémonie, & que nidans Fontarabie, ni dans Saint Jean de Luson n’a point ouï parler de cela.
Le soir je revins à Saint Jean de Lus, par-ce que je voulois être au Bal pour vous enrendre compte. Tout le Bal le dansa fur lemême Théâtre qui sert à la Comédie Espa-gnole. Le Roi, les Seigneurs & les Damesde la Cour entrèrent un quart d’heure aprèspar une porte de derrière le théâtre. La Rei-ne Mère, & les Dames de la Cour qui nevouloient point danser, entrèrent par la gran-de porte, & se mirent sur une chaise, & unéchaffkut de deux pieds de haut au milieu dela grande Salle. Voici à peu près le nom deceux qui dansèrent: le Roi, Monsieur, la Prin-cesse de Bade, le Duc de Créqui, Mademoiselle
qui