Relations, zis
chemin qu’il fit dans la galerie, & quand ilvit l’Infànte, il acheva de le devenir. L’in-fante qui au signe de l’œil, que lui fit DomLouis de Haro, jetta la vue fur le Roi deFrance, fe doutant que c’étoit lui, devint deson côté presque de même couleur. Commele Roi de France étoit là ìncomito , celui d’Es-pagne ne le salua point, & fit semblant de leprendre pour un Gentilhomme François. LesGrands d’Eípagne passèrent de leur galerie dansla galerie de France, & baisèrent de boncœur les Filles de la Reine. ' Ils trouvèrentMademoiselle de Méneville la plus belle , &ils trouvèrent bien. Après l’entrevûe je re-tournai coucher à Fontarabie. Le soir à So-leil couché nous allames mon ami & moi nouspromener derrière la maison du Roi. AukFenêtres de derrière de l’appartement de l’In-fante parurent quelques Demoiselles, qui fai-soient & recevoient des signes de trois jeunesGentilshommes Espagnols, qui étoient au piedde la muraille. Ils tournèrent des mouchoirs,ils jettérent des baisers & des oeillades avec lamain, & firent des complimens, où il entraplus de six Soleils, vingt Etoiles, & trenteRoses. Mon ami, croyant me faire plaisir, femoqua fort de cette fatjon de faire l’amour.Pour moi, je n’en pus rire de bon cœur : cacje fuis en état de faire l’amour un an durantde bien plus loin que cela.
Samedi cinquième Juin, j’allai pour voirl’Infante pendant son dîné, l’on ne voulutpas nous le permettre. L’Exemt, ne nouspouvant faire cette amitié, nous en fit uneautre: il nous mena dans un cabinet du Roid’Espagne. Je me dédis bien alors du juge-ment que j’avois fait de leurs peintures. J’yvis trente admirables Tableaux, entre autresO L un Hom-